Prévenir les maladies respiratoires pour les humains

Prévenir les maladies respiratoires pour les humains

Les professionnels de la filière équine et les chevaux sont particulièrement exposés aux risques respiratoires liés à l’inhalation de particules ou aérosols car ils passent de nombreuses heures dans des bâtiments, des écuries et des infrastructures de travail (manège, carrière).

Les particules, poussières, gaz ou toxines, peuvent être responsables de pathologies respiratoires. Une évaluation des risques selon les tâches inhérentes à son métier est indispensable en amont de la réflexion et la mise en place de mesures de prévention. Prêter attention à la santé des poumons aura des répercussions sur celle des chevaux !

Principe

Inhaler des particules fines telles que les poussières minérales ou végétales (des moisissures se développant dans les fourrages, des toxines bactériennes, des gaz...), tant dans les écuries que sur les carrières peut être à l’origine de maladies respiratoires pour les humains. Il peut s’agir de rhinites ou d’asthme allergique, à plus long terme, de bronchite chronique (BPCO bronchopneumopathie chronique obstructive) ou plus rarement d’une maladie dite "poumon du fermier " (maladie allergique grave causée notamment par l’inhalation de poussières de foin ou de paille moisie).

Les premiers symptômes de ces maladies respiratoires sont la toux, les crachas et l’essoufflement. Ils sont d’apparition insidieuse (parfois sur plusieurs années) et sont souvent négligés. Le professionnel adapte ses habitudes de travail alors que sa fonction respiratoire peut être déjà fort altérée. Il est donc essentiel d’intervenir en amont en commençant par une évaluation des risques prenant en compte les différentes tâches inhérentes au métier. Celle-ci permet de repérer les situations de travail les plus problématiques de par leur fréquence, l’intensité d’exposition à des aérosols (distribution des fourrages, paillage, cours dans la carrière) ou le contexte de travail (local confiné ou aéré, en extérieur, utilisation de machines ...).

À partir de cette évaluation, une réflexion peut être menée au sein de l’établissement, au besoin avec un conseiller prévention de la MSA, pour établir un plan d’action afin de limiter au maximum les situations d’exposition à risque. Cette réflexion pourra porter sur l’organisation du travail et la mise en place de nouveaux gestes au quotidien.

Intérêts

  • Préserver sa santé 

  • Exercer son métier dans de bonnes conditions

  • Prévenir la santé des salariés et des clients

  • Prévenir les maladies respiratoires des chevaux

Limites

  • Prendre du temps pour évaluer ces risques, seul ou accompagné d’un conseiller en prévention de la MSA 

  • Accepter l’idée que l’exercice de l'activité peut comporter des risques pour la santé

  • Oser le changement d’organisation, se remettre en question sur ses pratiques

Ventiler les écuries pour favoriser une bonne qualité de l’air
Arrosage de la carrière pour limiter l’inhalation de particules fines

Mise en œuvre

Comment faire ?

Pour prévenir l’apparition de maladies respiratoires, la première étape est de procéder à une évaluation des risques (et compléter le DUER). Celle-ci mettra en évidence les tâches les plus problématiques en termes de risques encourus. Il s’agira ensuite d’étudier si ce risque peut être supprimé, voire diminué par la mise en place d’aménagements de prévention collective et/ou individuelle, d’une nouvelle organisation, l’adoption de nouveaux comportements, l’aménagement des infrastructures et le recours à un matériel plus adapté.

Les mesures mises en place peuvent être diverses, par exemple :

Qualité de l’air :

  • Le renouvellement de l’air doit être suffisant pour évacuer les poussières. Pour une circulation optimale, le bâtiment ne doit pas être trop large (20 m maximum), les ouvertures avec bardage ajouré doivent se trouver sur les longs pans du bâtiment et l’air doit être évacué par une ouverture au faîtage. De cette façon, les courants d’air sont également limités. Les écuries à l’intérieur d’anciens bâtiments sont plus difficiles à ventiler. Attention également à l’orientation du bâtiment et son exposition : l’ouverture Sud/Sud-Est est souvent la plus favorable.  

Gestion des litières, des fourrages et des concentrés :

  • Être vigilant à la qualité du foin, date de coupe et à son niveau de séchage pour faciliter sa conservation et éviter les risques de moisissure

  • Choisir de préférence des concentrés peu poussiéreux

  • Choisir un mode et un lieu de stockage à l’abri des intempéries

  • Privilégier un mode de distribution collectif (râtelier) pour éviter la manutention du foin

  • Diminuer si c’est possible la fréquence de balayage 

  • Avant de pailler et de balayer, penser à humidifier légèrement les sols pour limiter les poussières. 

Pansage du cheval :

  • Réaliser le pansage du cheval de préférence à l’air libre ou dans un endroit bien ventilé. Les couvertures l’hiver permettent de limiter les opérations de pansage et l’inhalation de particules fines. 

L’arrosage et la qualité des sols :

  • Les sols des carrières et manèges sont particulièrement sources de particules fines inhalables (contenant notamment de la silice). L’arrosage régulier permet de limiter ces poussières. Cependant, avec le changement climatique et les problématiques de ressource en eau, il convient de réfléchir à des alternatives à l’arrosage des sols. Les sols fibrés permettraient d’économiser jusqu’à 30% d’eau.

  • Les fabricants travaillent actuellement sur des revêtements ne nécessitant pas d’arrosage. Il existe, par exemple, un revêtement en tissu de tapis recyclés. Cependant, ces concepts ne sont pas encore utilisés sur les sols en compétition car ils ne sont pas adaptés aux différentes pratiques sportives.

Les mesures de prévention individuelle :

  • À défaut de mesure de prévention organisationnelle ou collective à toujours privilégier, le port du masque de type FFP2 limite l’inhalation de poussières lors des opérations d’entretien des écuries. 

  • Il est recommandé de bien séparer les vêtements de travail des vêtements de ville et de les nettoyer régulièrement.

  • Lorsque les troubles respiratoires apparaissent, il convient de consulter son médecin. Certaines tâches exposant au risque pourront être déléguées. Au besoin, l’avis du médecin du travail peut être nécessaire pour étudier un aménagement du poste.