Haras de Saint Blaize : l'entente et l'équipement au service du bien-être au travail

Haras de Saint Blaize : l'entente et l'équipement au service du bien-être au travail

Nous nous sommes rendus au Haras de Saint Blaize pour échanger sur la thématique du bien-être au travail. L'occasion de discuter de la démarche de labellisation EquuRES avec Hephzibah Simonini, la gérante de la structure, et François, son salarié soigneur. Voici leur témoignage croisé sur l'importance d'allier bien-être humain et bien-être équin au quotidien.

Pouvez-vous nous présenter le Haras de Saint Blaize ?
Hephzibah : Ici, on développe les activités d'élevage de chevaux Selle Français originel, de valorisation et commerce de chevaux de saut d'obstacle, et également de débourrage, pré-entraînement et remise en forme de chevaux de course (galopeurs et trotteurs). On est sur une surface de 40 hectares, 100 % prairie, et on a également six vaches Galloway qui viennent pâturer avec les chevaux pour avoir des prairies de qualité.

Qu'est-ce qui vous a motivé à vous engager dans la démarche de labellisation EquuRES Bien-être au Travail ?
Hephzibah : J'ai entamé les démarches pour la labellisation sur le bien-être animal et le respect environnemental dès mon installation. Parallèlement à ça, j'ai suivi l'élaboration du label "Bien-être au travail" qui était encore en gestation à ce moment-là. Dès que le label a abouti, j'ai tout de suite candidaté ! Je trouvais ça vraiment intéressant de pouvoir affirmer les valeurs de la structure, de pouvoir se démarquer d'autres écuries, et puis je trouvais ça vraiment important de soutenir la démarche engagée par EquuRES là-dessus. Nous sommes labellisés à l'échelon "Engagement" au niveau environnement/animal, et à l'échelon "Progression" sur le bien-être au travail.

Rencontrez-vous des situations difficiles en termes de recrutement ?
Hephzibah : Du temps où j'étais locataire dans d'autres structures, ce n'était pas toujours évident de pouvoir recruter. C'est vrai qu'on avait déjà ces difficultés qui étaient connues dans la filière. C'est pour ça que je salue les initiatives d'EquuRES d'avoir mis en place ce label, je pense que ça va vraiment faire du bien à tout le monde, que ça soit pour les employeurs ou les candidats. Depuis notre labellisation récente, nous n’avons pas forcément de recul, mais j’espère pouvoir nous démarquer pour attirer certaines personnes, ou d'aider les personnes en recherche d'emploi à trouver plus facilement des structures qui garantissent de bonnes conditions de travail. On espère sur le long terme que ça soit gagnant-gagnant pour les deux parties.

Quelles actions concrètes avez-vous mises en place au quotidien pour vos équipes ?
Hephzibah : On essaie de limiter, voire de supprimer, toutes les tâches qui vont être pénibles. De pouvoir automatiser un maximum, d'avoir du matériel qui va être de bonne qualité, bien entretenu, que ça soit bien rangé et fonctionnel. Toutes ces choses-là au quotidien vont vraiment nous aider à avoir de bonnes conditions de travail pour que ce soit agréable pour tout le monde. L'objectif, c'est vraiment de passer du temps avec les chevaux, donc de limiter tout le temps qu'on va passer sur les tâches qui ne nous apportent pas grand-chose (les travaux d'astreinte). Il faut que ça aille vite !

Pour la communication au quotidien, comme on est sur un site assez étendu (sur cette partie on a quand même 20 hectares à couvrir), on a mis en place un système de talkies-walkies. Chacun a un talkie-walkie sur lui, ça permet de communiquer de manière instantanée sans devoir passer par les téléphones qui peuvent être gênants ou distrayants quand on est avec les chevaux. Et au moins, on est sûr de pouvoir se joindre dans les zones où il y a des problèmes de réseau.

Comment s'est déroulé le processus de labellisation ?
Hephzibah : On pouvait faire l'autodiagnostic en ligne sur le site EquuRES. L'autodiagnostic m'a indiqué que j'étais éligible, donc j'ai tout de suite candidaté, ça a été très facile à faire. Ce que je trouve très sympa de la part d’EquuRES, c’est qu’étant dans les 10 premières écuries / haras à candidater au label, nous avons pu suivre une formation de management offerte par le label, c’était extrêmement enrichissant.

Que vous a apportez la labellisation EquuRES Bien-être au Travail ?
Hephzibah : Le Haras est tout récent, les travaux ont débuté en 2021 et on a eu un début d'activité en 2022. Depuis notre labellisation, c'est très récent, on n'a pas encore énormément de recul, mais j'espère que ça va vraiment nous aider dans nos phases de recrutement à gagner du temps. De pouvoir se démarquer pour attirer certaines personnes, ou d'aider les personnes en recherche d'emploi à trouver plus facilement des structures qui garantissent de bonnes conditions de travail. On espère sur le long terme que ça soit gagnant-gagnant pour les deux parties.

Comment encourageriez-vous une structure à se lancer dans la démarche ?
Hephzibah : Ce que je trouve très intéressant c’est que cela nous apporte également un cahier des charges, pouvant nous servir de fil conducteur. Parfois, certaines périodes de l’année nous avons la tête dans le guidon, et cela peut nous aider à repérer certains points, lesquels on aurait pu passer à côté.

Ensuite, nous avons certains avantages avec les partenaires EquuRES, réductions sur des services ou équipements, une boîte à outils EquuRES avec de nombreux documents très utiles : le livret d’accueil par exemple.

Pouvez-vous vous présenter ?
François (salarié) : Je suis en reconversion professionnelle, j’ai fait une formation AFES ? qui a débuté au mois de mars et qui a pris fin au mois d’octobre. Je suis ensuite embauché au haras pour mon nouveau métier de palefrenier / soigneur.

Quels facteurs jouent un rôle majeur dans votre bien-être au travail ?
François : Pour moi, le bien-être c’est l’entente avec l’équipe. On se parle tout le temps, on communique, on fait un briefing, on débriefe en fin de journée. On n'est pas dans une routine. Si on a quelque chose à dire, il faut en parler, et la gérante est à l'écoute. On a du matériel pour nous faciliter la tâche (valet de ferme, petit tracteur pour le foin...). Ici, moi j'appelle ça le paradis. Il y a la campagne, très peu de bruit de véhicules... Quand j'arrive, j'entends les petits oiseaux, je suis content d'aller voir mes chevaux, je suis content de me lever de bonne heure pour venir ici et quand je repars je me dis "vivement demain". Fais de ton métier ta passion et tu n'auras jamais à travailler... pour moi, c'est le cas !

Comment le bien-être animal impacte-t-il le bien-être au travail ?
François : Si je suis bien dans ma tête et bien dans mon corps, il faut que les chevaux le soient. C'est un effet miroir : il faut être bien dans ses bottes pour que le cheval soit bien dans ses sabots. Il me donne beaucoup, donc tout ce qu'il me donne, je lui rends.

Une phrase pour conclure ?
Hephzibah : Le bien-être au travail est vraiment primordial. Les premières victimes d'une mauvaise ambiance au travail, ça va être les chevaux. S'il y a une mauvaise communication dans l'équipe, des tensions... c'est les chevaux qui se retrouvent en première ligne, et eux n'y sont pour rien. Ils ressentent énormément les émotions, s'il y a des tensions ça va tout de suite se répercuter sur eux, et ça on ne le veut pas !